« La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe. C’est d’apprendre à danser sous la pluie. »
J’ai longtemps aimé ce proverbe.
Et puis, un jour, j’en ai eu ma claque.
De prendre des claques, justement. Et de me dire que c’était simplement « la vie ».
La fable des raisins verts
Vous connaissez Le Renard et les Raisins ?
C’est la plus courte des fables de La Fontaine.
Le renard est trop petit pour atteindre les raisins bien mûrs, bien juteux. Alors il décide qu’ils sont trop verts : pas assez bons pour lui.
On retrouve ce mécanisme psychologique partout.
- Chez cet homme qui affirme : « Non, je n’aime pas les mannequins, elles sont trop maigres. »
- Chez celui qui jalouse son voisin roulant en Tesla et rétorque : « De toute façon, Elon Musk, c’est un nazi. »
- Chez la personne accro au Coca ou à la cigarette, incapable de se contrôler, qui répète : « Bah, il faut bien mourir de quelque chose. »
- Chez ce copywriter qui explique que le personal branding est réservé aux vantards et aux égocentriques.
Lorsque nous n’arrivons pas à obtenir quelque chose, nous avons parfois tendance à le dévaloriser.
C’est plus confortable que d’admettre que nous le désirons, mais que nous ne savons pas encore comment l’atteindre.
Admettre notre impuissance, c’est douloureux.
Pourquoi avons-nous besoin de nous sentir aux commandes ?
Dans la vie, nous avons tous besoin de contrôle pour nous sentir en sécurité.
C’est un besoin profondément humain : celui de se sentir au volant, plutôt que manipulé ou ballotté par les événements.
Quand nous ne contrôlons rien, la frustration devient immense. L’humiliation aussi.
Personne n’aime regarder cette question en face :
« Pourquoi eux, ils y arrivent, et pas moi ? »
Ou, comme le chantait Shurik’n dans Sous la même étoile :
Pourquoi fortune et infortune? Pourquoi suis-je né
Les poches vides ? Pourquoi les siennes sont-elles pleines de thunes?
Pourquoi j’ai vu mon père en cyclo partir travailler?
Juste avant le sien en trois pièces gris et BMW
La monnaie est une belle femme qui n’épouse pas les pauvres
Alors, notre cerveau met en place des mécanismes de défense.
Ils nous permettent de continuer à nous regarder dans le miroir. De ne pas nous laisser avaler par le désespoir.
C’est un mécanisme de survie : une réaction aux frustrations douloureuses provoquées par l’écart entre nos désirs et notre incapacité, réelle ou supposée, à les satisfaire.
Vous pouvez aussi décider d’agir
Danser sous la pluie, c’est mignon pendant cinq minutes.
Ensuite, vous pouvez acheter un K-Way ou une parka Rains.
Encore plus énervé ? Vous pouvez déménager dans un endroit ensoleillé, Marseille, Toulon, la Corse ou Miami.
Méga-énervé, comme un viticulteur confronté à la grêle ? Vous pouvez utiliser des canons anti-grêle pour protéger vos cultures.
Autrement dit : personne ne vous force à accepter la pluie.
Dans la vie, vous pouvez opter pour une vision défaitiste et vous répéter :
« C’est comme ça. Ce n’est pas pour moi. Ce n’est pas pour les gens comme moi. »
Ou vous pouvez vous réveiller et partir au combat.
Se battre ne garantit pas de gagner
Vous ne gagnerez pas toujours.
En décembre 2022, l’équipe de France est menée par l’Argentine lors de la finale de la Coupe du monde. Elle revient dans le match, arrache le 3-3 après le triplé de Kylian Mbappé, puis s’incline aux tirs au but.
Elle perd. Mais elle perd la tête haute, après avoir combattu.
La semaine dernière lors de la petite finale, nous étions menés 4-0 à la mi-temps face à l’Angleterre. Le score final a été salé : 6 buts à 4.
Mais, pendant quelques minutes, à 5-4, nous y avons cru.
Nous nous sommes battus. Nous n’avons pas accepté la fatalité.
Pour moi, tout est là : dans cet état d’esprit.
Refuser de devenir une victime
Perdre ? Échouer ? Cela m’arrive et cela m’arrivera encore.
Quatre de mes cinq livres sont des flops (selon mes propres critères).
Souvent, mes vidéos YouTube ou mes publications LinkedIn n’atteignent pas leurs objectifs.
Est-ce pour autant que je vais baisser les bras ?
Jamais.
Dans un très beau film qui a marqué mon adolescence, American Beauty, le personnage interprété par Annette Bening charge un pistolet en se répétant :
« I refuse to be a victim. »
Je refuse d’être une victime.
Cette réplique m’est restée en tête.
Parfois, j’accepte la pluie pendant cinq minutes. Je pars marcher. Je fais des squats ou du gainage. Puis je retourne écrire et créer.
À quoi ressemblera votre réussite ?
Si vous ne vous laissez pas dévorer par les réseaux sociaux et leurs mécanismes d’addiction…
Si vous réussissez à vous fixer des objectifs…
Si vous apprenez à vous organiser et à travailler avec régularité…
Alors, vous augmenterez considérablement vos chances de réussir.
Cette réussite ne se comptera peut-être pas en millions d’euros.
Elle se chiffrera peut-être « seulement » à six chiffres, entre 100 000 et 300 000 euros.
Ou peut-être prendra-t-elle une autre forme : plus de liberté, un métier que vous aimez, des clients que vous choisissez ou davantage de temps pour votre famille.
Mais ce sera une réussite pleine de sens.
Ce sera la vôtre.
Elle demandera des efforts. De l’apprentissage. De la patience.
Et, parfois, l’aide d’un Didier Deschamps qui vous hurle dessus à la mi-temps pour vous remotiver et vous montrer la voie.
Eh oui : avoir à ses côtés un sélectionneur qui a déjà été champion du monde et qui connaît le chemin, cela compte.
La méthode ne remplace pas la volonté
Je reste réaliste : il existe probablement un plafond dans certains domaines.
Nous ne sommes pas tous égaux en matière de concentration, de créativité ou de capacité à encaisser de longues journées de travail.
Nous ne possédons pas tous le même vécu, les mêmes expériences professionnelles, les mêmes ressources ni les mêmes opportunités.
Mais nous sommes surtout inégaux dans notre volonté de réussir.
Un formateur, un mentor ou un coach peut vous fournir une méthode. Il peut vous aider à éviter des erreurs, à progresser plus vite et à retrouver la bonne direction lorsque vous vous égarez.
En revanche, il ne peut pas travailler à votre place.
Je peux vous fournir la méthode.
Mais je ne peux pas vous donner la discipline.
Ni l’œil du tigre.
Votre histoire, c’est à vous de l’écrire.
